Une quinzaine de jours après le débarquement, les Alliés ont établi une solide tête de pont en Normandie. Ils disposent désormais du nœud routier essentiel qu’est Carentan et ont assuré la jonction entre les deux plages du secteur américain, tout en sécurisant la zone des marais. Jour après jours, les effectifs se renforcent et le matériel débarqué est sans cesse plus nombreux. Les deux ports artificiels d’Omaha et Arromanches permettent de réceptionner les marchandises et équipements mais aussi d’évacuer blessés et prisonniers. Lentement, les troupes progressent dans le Cotentin, vers Cherbourg, seul port en eaux profondes de la région et objectif majeur des Américains.

 Pour leurs besoins, ils mettent aussi rapidement en place une série de pistes d’aviation, véritables aérodromes provisoires, un peu partout sur le sol normand.  Sur les communes de Catz et Saint-Pellerin, à partir du 15 juin, le 826ème bataillon de  génie de l’air, dépendant de la 9ème Airforce, entame la construction d’une imposante piste d’un kilomètre et demi, large de plus de 35 mètres, sans compter une piste secondaire d’urgence, crash strip, pour recevoir les avions en difficultés, mais aussi une multitude d’aménagements aux alentours. 4 jours plus tard, le nouvel aérodrome, dénommé A10 Airfield est disponible pour les chasseurs-bombardiers P47 « Thunderbolt » appartenant au 50th Fighter Group, puis aux appareils du 367th Fighter Group, notamment des P38 « Lightning ». Avec l’avancée des combats, l’aérodrome devint bien tôt moins utilisé, en dehors de gros porteurs, chargés de la gestion de l’arrière du front . En novembre 1944, les terrains furent restitués à leurs propriétaires, mais plus rien n’y serait désormais comme avant !

 

 

                                                                                                           A10 Airfield 2